Saint-Étienne avait besoin d’un électrochoc, pas d’un énième discours sur la “culture du club”. Avec Eirik Horneland, les Verts ont misé sur un coach qui assume une vision claire : un football actif, agressif sans être suicidaire, et une exigence quotidienne qui ne laisse pas de place au confort. Arrivé pour faire remonter l’ASSE et la remettre à sa place, il a très vite posé le décor : pressing coordonné, bloc équipe compact, jeu de position travaillé à l’entraînement, et un vestiaire où le mérite prime sur le statut. Le coach norvégien ne vend pas du rêve, il parle de travail, de répétition et de cohérence, du lundi au dimanche.
Dans le Forez, ça change des saisons où on subissait le match en attendant un exploit individuel. Horneland veut une équipe qui “répond” à chaque coup, qui avance ensemble, qui défend en avançant et attaque avec des repères. Son projet ne se limite pas à remonter en Ligue 1 : l’idée, c’est de stabiliser l’ASSE dans le haut niveau, d’aller chercher l’Europe à moyen terme et de redonner aux supporters le sentiment qu’ils voient une équipe qui joue pour gagner, pas pour limiter la casse. Pour toi, joueur, coach amateur ou passionné, son approche est une vraie leçon : ce qu’il met en place à Sainté, tu peux en adapter des morceaux sur ton terrain, avec ton groupe, dès le prochain entraînement.
En bref :
- Philosophie de jeu claire : pressing haut maîtrisé, bloc compact, jeu de position simple mais structuré.
- Exigence quotidienne : intensité à l’entraînement, discipline dans le vestiaire, pas de passe-droit.
- Gestion des jeunes : Horneland refuse de traiter tous les profils pareil, il adapte son discours et son plan de jeu.
- Objectif affiché : remonter, se maintenir haut et viser l’Europe avec une identité forte sur le terrain.
- Leçon pour l’amateur : compréhension du jeu, travail sans ballon, communication et mental font la différence.
ASSE : la vision du football moderne selon Eirik Horneland
Le projet d’Eirik Horneland à l’ASSE, ce n’est pas juste changer de système ou rajouter un analyste vidéo. C’est une manière de penser le football : tu ne subis pas le match, tu le prends en main. Pour lui, une équipe qui attend derrière en priant pour un contre, c’est une équipe qui abdique. Il veut des Verts qui jouent haut, qui pressent intelligemment et qui osent tenir le ballon, même sous pression. Mais attention : ce n’est pas du “tiki-taka” pour faire joli, c’est du jeu utile, orienté vers le but, avec des circuits de passes connus et répétés.
Son idée, c’est que chaque joueur sache quoi faire avant même que le ballon arrive. Où se placer, qui soutenir, quand temporiser, quand accélérer. Il martèle souvent que le foot, ce n’est pas courir plus que l’adversaire, c’est mieux lire le jeu, fermer les bonnes lignes de passe, attaquer au moment juste. À Sainté, ça se traduit par des séances où le travail sans ballon est aussi important que le travail technique. Si tu regardes un match de l’ASSE sous Horneland, tu vois vite la différence : les Verts montent ensemble, coulissent ensemble, et la ligne défensive ne reste pas collée à sa surface dès que l’adversaire passe la médiane.
Il aime aussi casser une idée très répandue : “la tactique, c’est pour les pros”. Pour lui, au contraire, c’est la base pour n’importe quel niveau. Un latéral de R3 ou un attaquant de Ligue 2, c’est le même jeu, les mêmes principes : se rendre disponible, parler, fermer l’axe, attaquer l’espace libre. Horneland vient d’une culture nordique où on ne triche pas avec les principes de jeu : tu peux être technique, rapide ou costaud, si tu ne respectes pas le plan collectif, tu mets tout le monde en danger.
Ce regard moderne ne renie pas l’identité de Sainté. Il sait que Geoffroy-Guichard aime les équipes qui se dépouillent, qui se jettent au duel et qui ne lâchent rien. Il utilise cette énergie pour la canaliser : pas de pressing fou sans repères, pas de tacles pour la galerie, mais une agressivité contrôlée. En gros, il veut une équipe qui joue “comme un grand club”, avec une mentalité d’outsider. Et ça, pour un vestiaire, ça change tout : tu entres sur le terrain en sachant ce que tu dois faire, pas en espérant juste être “dans un bon jour”.
Ce qui ressort de son discours, c’est une conviction : le foot appartient à ceux qui comprennent le jeu, pas seulement à ceux qui courent vite. C’est là que sa vision prend tout son sens.

Pressing haut, bloc compact : la signature Horneland à Saint-Étienne
Le pressing de l’ASSE version Horneland, ce n’est pas “tout le monde sprinte vers le ballon”. C’est organisé. Ça commence par l’attaquant qui oriente la relance, puis les milieux qui coupent les lignes intérieures, et enfin la défense qui monte derrière pour resserrer l’espace. L’idée, c’est simple : réduire la zone de jeu, obliger l’adversaire à jouer long ou à perdre la balle sous la pression. Quand c’est bien fait, tu récupères le ballon haut et tu te crées des occasions rapides.
Un exemple typique : sur une relance courte adverse, le neuf va fermer le côté fort, l’ailier vient couper la passe vers le latéral, le milieu monte sur le “6” en couverture, et tout le bloc glisse ensemble. Si un seul fait semblant, tout le pressing explose. C’est pour ça qu’il insiste autant sur la synchronisation. À l’entraînement, il répète les mêmes scénarios encore et encore, jusqu’à ce que ça devienne un réflexe. Toi qui joues en amateur, ça, tu peux le bosser : un simple exercice de pressing à 6 contre 4 en zone réduite, avec consigne claire sur qui sort, qui couvre, qui coupe la passe.
Horneland n’est pas naïf. Il sait qu’un pressing haut, mal géré, te tue en contre. Il parle souvent d’“agressivité contrôlée”. Le bloc monte, oui, mais jamais sans couverture. Si le pressing est cassé, le milieu le plus proche fait faute intelligente, le bloc recule d’un cran, tout le monde se réorganise. Ce n’est pas du romantisme, c’est du réalisme moderne. Et pour les Verts, cela a permis de passer d’une équipe qui reculait par réflexe à une équipe qui ose avancer ensemble, même dans les temps faibles.
La clé, c’est que chaque joueur accepte cette charge de travail. Horneland le répète : si tu veux jouer dans son équipe, tu dois défendre, même si tu es attaquant. Les stars de Youtube qui ne défendent jamais, ce n’est pas pour lui. Il veut des joueurs qui courent intelligemment, qui communiquent, qui sentent le bon moment pour déclencher. En résumé : le pressing, c’est une mentalité autant qu’un système.
Stratégie d’Eirik Horneland pour transformer les Verts sur le terrain
Transformer l’ASSE, pour Horneland, ce n’est pas uniquement changer les discours en conférence de presse, c’est surtout modifier les habitudes profondes du groupe. Il a commencé par revoir la manière dont l’équipe prépare les matchs : séances plus structurées, travail spécifique par ligne, analyse de l’adversaire, mais aussi rappel constant des principes “verts”. Il ne s’agit pas de copier un club étranger, il s’agit de bâtir une identité claire : quand tu vois Saint-Étienne jouer, tu dois reconnaître la patte du coach.
Concrètement, ses séances alternent des blocs tactiques et des séquences très intenses sur petit terrain. Il insiste beaucoup sur la répétition des mêmes mouvements : sorties de balle sous pressing, attaques rapides à trois ou quatre touches, défense de surface avec bloc bas compact quand il faut subir. Son objectif, c’est que l’équipe soit capable de maîtriser plusieurs “visages” dans un match sans perdre son âme : capable de presser haut, mais aussi de défendre plus bas intelligemment si le contexte l’impose.
Un joueur comme Karim, milieu fictif qui symbolise beaucoup de profils à Sainté, illustre bien ce changement. Avant, il courait beaucoup, mais souvent dans le vide. Depuis l’arrivée du Norvégien, ses courses ont un sens : venir proposer entre les lignes, couvrir le latéral, couper la transition adverse. Le coach lui a donné des repères simples : se positionner dans l’axe ballon-but, toujours offrir une solution au porteur, parler à son partenaire le plus proche. Résultat : moins de kilomètres inutiles, plus d’impact réel.
Pour structurer cette transformation, le staff a posé des principes non négociables, qu’on peut résumer en quelques règles claires.
| Principe clé | Application à l’ASSE | Ce que toi tu peux en tirer |
|---|---|---|
| Pressing coordonné | Déclenchement clair selon les zones, tout le bloc suit ou personne ne part. | Fixe des signaux de pressing en équipe, évite les courses solitaires. |
| Jeu de position simple | Zones de réception définies pour les milieux et les ailiers. | Marque des repères au sol à l’entraînement pour habituer les placements. |
| Transitions rapides | 3 passes maximum vers l’avant après récupération haute. | Travaille des jeux en 3 contre 2 avec obligation de finir vite. |
| Exigence défensive | Tout le monde défend, aucun poste dispensé du repli. | Impose au moins un sprint défensif à chaque perte de balle en séance. |
| Communication permanente | Le coach exige des leaders de parler et de guider le bloc. | Choisis des relais sur le terrain qui prennent la parole en match. |
Cette stratégie n’est pas théorique. Elle s’est vue dans des moments clés : des matchs où l’ASSE, menée au score, n’a pas paniqué, a continué à presser, à jouer haut, et a renversé la rencontre. Horneland insiste sur un point : ce n’est pas la causerie qui fait gagner, c’est la fidélité au projet de jeu dans les moments chauds. Et ça, c’est valable du plus petit niveau jusqu’au très haut.
La leçon à retenir, c’est qu’un club ne change pas avec des slogans, mais avec des principes forts répétés chaque semaine.
Organisation offensive : des Verts plus créatifs, mais disciplinés
Côté ballon, la stratégie offensive d’Horneland repose sur une idée simple : libérer la créativité dans un cadre clair. Il donne des libertés à ses joueurs offensifs, mais dans des zones bien définies. Les ailiers ont le droit de rentrer, dézoner, combiner, mais ils doivent respecter certains repères : ne jamais être trois sur la même ligne, toujours garder un joueur qui étire la défense, ne pas tous redescendre au même moment.
Le but, c’est de ne pas confondre liberté et désordre. À Sainté, on a vu trop de matchs où tout le monde venait chercher le ballon dans les pieds, laissant l’axe vide. Horneland corrige ça avec un principe fort : quelqu’un doit toujours menacer la profondeur. Que ce soit l’attaquant, l’ailier opposé ou un milieu lancé, peu importe, mais une défense qui ne recule pas est une défense tranquille. Il demande donc à ses joueurs offensifs de penser “appel” avant de penser “ballon dans les pieds”.
Dans les entraînements, ça se traduit par des séquences où chaque action doit finir par un appel fort vers le but. Par exemple, sur un jeu à 7 contre 7, il impose que le but ne soit validé que si un des attaquants effectue une course vers l’espace libre avant la dernière passe. Ça force les joueurs à regarder le jeu, à anticiper, pas juste à subir ce qui arrive. Toi, si tu veux progresser, pose-toi la question : combien d’appels tu fais sans recevoir le ballon ? Si la réponse est “peu”, tu sais ce qu’il te reste à bosser.
Horneland tient aussi beaucoup au rôle des milieux. Il veut des joueurs capables de casser des lignes par la passe, mais aussi de sécuriser les pertes de balle. L’un joue plus bas pour assurer la première relance, l’autre vient se projeter entre les lignes. Ils travaillent beaucoup la relation avec les latéraux : quand l’un monte, l’autre couvre, quand le ballon est côté droit, le milieu côté gauche se recentre pour fermer l’axe. Ce sont des détails qui, cumulés, rendent une équipe solide et difficile à prendre en contre.
Au final, la créativité offensive est encouragée, mais jamais déconnectée du collectif. C’est ce mélange qui peut permettre aux Verts de retrouver une attaque capable de faire mal sans se déséquilibrer. Là encore, le message est clair : joue simple, mais joue juste.
Gestion du vestiaire : discipline, justice et cas Stassin–Gadegbeku
La transformation de l’ASSE ne se joue pas que sur le terrain, elle se construit surtout dans le vestiaire. Horneland le sait : sans un groupe soudé et discipliné, sa vision ne tient pas. Il a posé une règle forte dès le départ : tout le monde est jugé sur ce qu’il montre à l’entraînement et en match, pas sur son nom ou son passé. Ça peut piquer certains ego, mais ça met aussi tout le monde face à la même vérité : tu joues ce que tu montres.
Son approche s’est vue dans la manière dont il parle de ses jeunes joueurs. Il a notamment expliqué qu’on ne pouvait pas traiter un profil comme Stassin de la même manière qu’un Gadegbeku. Pourquoi ? Parce que chaque joueur a une personnalité, un parcours, un rapport au jeu différents. Certains ont besoin d’être bousculés, d’autres de sentir une vraie confiance pour oser. Il adapte son exigence, pas ses principes : l’effort, l’écoute, la discipline, c’est pour tout le monde, mais la façon de les faire passer varie selon le garçon qu’il a en face de lui.
Il veille aussi beaucoup à l’ambiance du vestiaire. Pas dans le sens “faire des blagues” mais dans le sens responsabilité. Les leaders doivent montrer l’exemple : arriver à l’heure, finir les séances à fond, soutenir les plus jeunes. Il n’accepte pas le joueur qui tire la gueule parce qu’il est remplaçant. Tu ne joues pas ? Tu réponds à l’entraînement. Son discours est simple : “On ne peut pas se permettre de traîner quelqu’un qui ne tire pas dans le sens du groupe.” Dans un club comme Sainté, où la pression du public est forte, c’est encore plus vrai.
Pour toi qui joues ou qui coaches, cette gestion du vestiaire est un rappel important. Le niveau technique, c’est une chose, mais sans état d’esprit, tu n’iras nulle part. L’ASSE fonctionne comme n’importe quel vestiaire amateur sur ce point : ceux qui bossent et respectent le groupe finissent par être récompensés. Ceux qui se cachent derrière des excuses se grillent tout seuls. Horneland ne le crie pas dans les médias, mais ses choix de compo parlent pour lui.
Au final, sa force, c’est d’avoir réussi à poser un cadre clair sans jouer au dictateur. Tu peux discuter, mais tu dois assumer. Et ça, dans un vestiaire, ça met tout le monde face à la réalité du terrain.
Exigence quotidienne : ce que Horneland impose pour élever le niveau
Là où beaucoup de coachs parlent de “culture de la gagne”, Horneland parle de culture du travail. La nuance est énorme. Gagner, tout le monde en rêve. Travailler dur tous les jours, beaucoup moins. Lui, il a choisi son camp. Il a mis la barre très haut sur trois points : intensité, concentration et répétition.
À l’entraînement, il déteste la facilité. Une passe molle, un repli fait à moitié, un duel perdu sans réaction, et il arrête tout. Il préfère une séance plus courte mais ultra intense qu’un long entraînement où ça rigole et ça trottine. Il répète souvent que le match ne t’offre jamais le temps de “te mettre dedans”. Si tu n’es pas à 100 % dès l’échauffement, tu vas subir. C’est valable pour les pros comme pour les amateurs du dimanche.
La concentration, c’est l’autre gros chantier. Horneland ne supporte pas les joueurs qui décrochent mentalement. Portables coupés dans le vestiaire, attention sur les consignes, respect des temps de récupération, tout est pensé pour que le groupe reste focus. Si tu passes ton échauffement à discuter d’autre chose que du match, il considère que tu perds déjà la bataille. Son message est brutal mais juste : “Si tu veux progresser, commence par fermer ton téléphone à l’entraînement.”
Enfin, il croit énormément à la répétition. Les circuits de passes, les placements défensifs, les sorties de balle sous pression : tout est bossé encore et encore. Certains joueurs ont pu trouver ça “rébarbatif” au début, mais les résultats parlent. Quand tu vis une situation 50 fois en séance, tu la gères mieux le week-end, point. Pour toi, c’est une leçon clé : les pros ne s’entraînent pas pour “s’amuser”, ils s’entraînent pour ancrer des réflexes.
Cette exigence quotidienne permet à l’ASSE d’élever progressivement son niveau. Pas de magie, pas de shortcut. Juste une vérité : le foot, c’est du taf avant d’être un spectacle.
Ambition à long terme : l’ASSE d’Horneland entre retour en Ligue 1 et Europe
Dans ses prises de parole, Horneland ne se cache pas. Il parle de remontée, de stabilisation en Ligue 1, mais aussi d’objectif Europe à moyen terme. Certains trouvent ça ambitieux, voire risqué, mais lui assume. Pour lui, Saint-Étienne est un club qui doit penser plus loin que le simple maintien. L’idée n’est pas de brûler les étapes, mais de fixer un cap clair : construire une équipe capable, dans quelques saisons, de jouer l’Europe avec une identité forte et un collectif solide.
Pour y arriver, il sait que tout ne dépend pas que de lui. Il faut une structure de club cohérente, un recrutement intelligent, une vraie confiance dans la formation, et une stabilité sur le banc. Les allers-retours d’entraîneurs tous les six mois, ça flingue les projets de jeu. Son discours aux dirigeants comme aux joueurs est le même : si on veut aller loin, il faut accepter de passer par des phases de progression, parfois avec des coups durs, mais sans tout remettre à zéro au moindre mauvais résultat.
L’ambition européenne n’est pas juste un slogan. Elle s’appuie sur une vision : une équipe qui presse, qui joue, qui fait grandir ses jeunes et valorise ses joueurs. Plus l’ASSE joue un football identifiable, plus elle attire des profils compatibles avec ce projet. Un attaquant qui aime attaquer la profondeur, un milieu qui aime jouer vers l’avant, un défenseur qui n’a pas peur de défendre haut : ce sont des pièces du puzzle que la direction doit chercher. Horneland fournit le cadre, le club doit fournir les joueurs adaptés.
Pour les supporters, cette ambition fait du bien. Pendant trop d’années, ils ont entendu parler de maintien, de “réalisme”, de serrer les dents. Entendre à nouveau parler d’Europe, de places européennes à aller chercher, ça relance une dynamique. Mais là encore, le Norvégien reste lucide : aucune ambition ne tient sans rigueur au quotidien. Tu ne joues pas la Coupe d’Europe en rêvant, tu la joues parce que ton équipe a gagné des dizaines de “petits matchs” bien gérés.
En somme, sa stratégie à long terme repose sur une phrase simple : penser grand, travailler humblement.
Jeunes, formation et identité : le cœur du projet stéphanois
L’ASSE a toujours été un club où les jeunes ont une place importante. Horneland ne l’ignore pas, au contraire, il veut s’appuyer encore plus dessus. Mais pas n’importe comment. Il refuse de griller des talents juste pour faire plaisir à la galerie. Pour lui, intégrer un jeune, ce n’est pas lui offrir quelques minutes pour la forme, c’est lui donner un vrai rôle, au bon moment, avec du cadre autour.
Il parle souvent d’authenticité : il veut rester vrai avec ses joueurs, leur dire clairement où ils en sont. Un jeune qui a du talent mais qui ne défend pas, il le dira. Un autre qui manque encore de physique mais a une excellente lecture du jeu, il le dira aussi. Le but, c’est que chaque joueur sache sur quoi bosser pour rentrer dans le projet. À l’entraînement, les jeunes sont mélangés avec les cadres dans les jeux tactiques, pas mis à part. Ça les oblige à hausser leur niveau, à parler, à prendre des responsabilités.
Cette gestion fine rappelle une chose importante pour toi qui débute ou qui coaches des jeunes : tous ne progressent pas à la même vitesse, ni de la même manière. Certains explosent à 18 ans, d’autres à 23. Le rôle du coach, ce n’est pas de mettre tout le monde dans la même case, c’est de garder un cap commun (intensité, mental, compréhension du jeu) tout en adaptant le chemin individuel.
À Saint-Étienne, cette approche permet de lier le passé, le présent et le futur. Les jeunes formés au club deviennent les porteurs de l’identité de jeu d’Horneland. Ils apprennent tôt à presser, à jouer haut, à parler sur le terrain. Et ceux qui percent au haut niveau deviennent les meilleurs ambassadeurs de ce projet. Là encore, l’idée est simple mais puissante : construire une identité qui dépasse les joueurs et survit aux saisons.
Quelle est la philosophie de jeu d’Eirik Horneland à l’ASSE ?
Horneland veut une équipe active, qui défend en avançant et ne subit pas le match. Sa philosophie repose sur un pressing coordonné, un bloc compact, un jeu de position simple mais clair, et une vraie exigence défensive pour tous les postes. L’objectif est de récupérer le ballon haut, de jouer vers l’avant rapidement et de garder une identité forte, quel que soit l’adversaire.
Comment Horneland gère-t-il les jeunes joueurs comme Stassin ou Gadegbeku ?
Il refuse d’appliquer une approche unique à tous les jeunes. Il adapte son discours et ses attentes en fonction de leur profil, de leur caractère et de leur maturité. En revanche, ses principes restent non négociables : intensité, discipline, respect du collectif et capacité à défendre. Un jeune ne joue pas pour faire joli, mais parce qu’il est prêt à aider l’équipe dans le cadre du projet de jeu.
Le pressing haut de l’ASSE sous Horneland n’est-il pas trop risqué ?
Le pressing haut comporte toujours une part de risque, mais Horneland cherche à le contrôler. Il travaille surtout sur la synchronisation du bloc, la couverture défensive et la gestion des transitions. Si le pressing est cassé, l’équipe a des mécanismes de repli ou de faute intelligente. L’idée n’est pas de courir partout, mais de presser avec lucidité et organisation.
Quels sont les objectifs à long terme d’Eirik Horneland avec Saint-Étienne ?
À court terme, l’objectif est de remonter en Ligue 1 et d’installer l’ASSE dans la première partie de tableau. À moyen terme, il parle clairement de viser l’Europe grâce à une identité de jeu forte, un collectif solide et une bonne valorisation des jeunes. Cela passe par de la stabilité, un recrutement cohérent et une exigence quotidienne au sein du vestiaire.
Que peuvent apprendre les joueurs amateurs du projet d’Horneland à l’ASSE ?
Les amateurs peuvent retenir plusieurs choses : l’importance du travail sans ballon, la valeur du pressing coordonné plutôt que des courses solitaires, la nécessité de bien se placer et de communiquer, et le rôle central du mental et de la discipline. Beaucoup de principes appliqués à Saint-Étienne peuvent être adaptés à n’importe quelle équipe de club local pour progresser collectivement.
Source: madeinsaint-etienne.ouest-france.fr


