À Strasbourg, le terrain ne tremble pas qu’à cause des tacles glissés. Il vibre aussi sous le poids d’un choix lourd : l’arrivée de BlueCo, la multipropriété et tout ce qui va avec. Le possible départ de Liam Rosenior vers Chelsea en plein milieu de saison a mis le feu aux poudres. Les supporters grondent, les banderoles fleurissent, et au milieu de tout ça, un ancien champion du monde, Christophe Dugarry, balance ses vérités en direct à la radio. Ce qu’il vise ? Pas seulement Marc Keller, mais un modèle de football business qui transforme des clubs historiques en simples relais pour les géants européens.
Ce qui se joue là dépasse largement Strasbourg. C’est l’image d’une Ligue 1 fragilisée par des montages financiers, des projets flous et des entraîneurs ou joueurs qui ne font plus que passer. Dugarry parle d’un “football qu’il hait”, d’un jeu où l’amour du maillot, la région, les supporters passent au troisième ou cinquième plan. Pendant que Chelsea récupère l’entraîneur, les fans alsaciens se demandent où est passé le projet annoncé à grand renfort de discours. Et la question qui brûle les lèvres de tous les amoureux du foot de terrain est simple : comment continuer à parler identité, collectif, progression, quand ton club devient surtout un outil au service d’un autre ?
- Multipropriété BlueCo : Strasbourg transformé en satellite au service de Chelsea.
- Colère de Christophe Dugarry : il accuse Marc Keller de nourrir un football business déshumanisé.
- Départ de Liam Rosenior vers Chelsea : symbole d’un club devenu lieu de passage pour coachs et joueurs.
- Supporters du RC Strasbourg : sentiment de trahison, perte d’identité, demandes de démission.
- Question centrale : jusqu’où accepter un modèle qui affaiblit les clubs français au profit de quelques “vaisseaux amiraux” ?
Strasbourg, BlueCo et le football business : un modèle qui fissure le Racing
Le RC Strasbourg, c’est un club qui a connu les galères, les descentes, les soirs sans lumière et les montées fêtées jusque tard dans la nuit. Quand BlueCo est arrivé, le discours était rodé : il fallait des moyens, des ambitions, du “projet”. L’idée vendue aux supporters était claire : sécuriser l’avenir, stabiliser le club en Ligue 1, viser l’Europe à moyen terme. Sur le papier, ça sonnait bien. Sauf que ce qu’on voit aujourd’hui, c’est un autre visage du projet : un club aligné sur les besoins de Chelsea, pas sur ceux de la Meinau.
La multipropriété, c’est censé être une synergie : échanges de compétences, circulation d’idées, mutualisation des moyens. Dans les faits, Strasbourg se retrouve dans le rôle de “plateforme intermédiaire”. Un jeune joueur, un coach, un staff qui montre de belles choses ? Ils deviennent rapidement des cibles pour le club principal du groupe. Le probable départ de Liam Rosenior en plein exercice n’est pas un accident, c’est la logique froide de ce modèle. Pour le vestiaire, c’est un coup de massue. Pour les supporters, c’est surtout un signal brutal : le Racing ne tient plus vraiment son destin entre ses mains.
Dugarry met le doigt là où ça fait mal : il accuse ce système de transformer les clubs français en structures de seconde zone. Ils ne sont plus au centre du projet, mais au service d’un “vaisseau amiral” qui aspire tout ce qui marche bien. Strasbourg n’est pas un cas isolé : Nice, Bordeaux, Lyon ont déjà été cités comme victimes ou presque victimes d’une logique financière qui dépasse le terrain. Quand ton club commence à être cité comme “tremplin idéal” pour les grands, c’est rarement une bonne nouvelle pour ton identité locale.
Ce qui choque le plus, c’est l’écart entre les promesses et la réalité. On parle de “projet sportif”, de “construction”, de “temps long”. Mais dès que les choses fonctionnent, l’échelle supérieure vient piocher. Résultat : les supporters se retrouvent à regarder passer les trains sans avoir le temps de profiter. Un entraîneur arrive, installe des principes, crée une vraie dynamique de jeu, et au moment où l’équipe commence à ressembler à quelque chose, il file à Londres. Ça laisse des joueurs perdus, un groupe à recadrer, et un stade qui a du mal à y croire encore.
Pour un club comme Strasbourg, qui vit beaucoup de la ferveur de sa région, c’est un poison lent. Le public ne se reconnaît plus dans un football business où l’attachement au blason devient un bonus, pas une base. Les chants restent, mais la confiance se fissure. Dugarry pose une question qui dérange : est-ce que les supporters du Racing sont plus heureux aujourd’hui, ou l’étaient-ils avant l’arrivée de BlueCo ? Sur le terrain, les réponses se voient assez vite : instabilité, manque de continuité, impression de servir d’étape plutôt que de destination.
Au fond, cette crise autour de Strasbourg et de la multipropriété révèle une fracture claire entre deux visions du jeu : celle d’un club ancré dans sa région, et celle d’un actif inséré dans un groupe mondial. Tant que ces deux logiques tirent dans des directions opposées, le Racing restera en tension permanente.

Dugarry vs Keller : ce que dénoncent vraiment ses attaques
Christophe Dugarry ne s’est pas contenté de critiquer une décision isolée. Il a attaqué de front un football qu’il abhorre, avec des mots forts, presque violents. Ce qu’il reproche à Marc Keller, ce n’est pas seulement d’avoir dit oui à BlueCo. C’est d’avoir, selon lui, accepté de jouer le jeu d’un système qui dévalue les clubs français et les transforme en simples maillons d’une chaîne dominée par quelques géants. Pour Dugarry, Strasbourg a glissé du statut de club indépendant, maître de son projet, à celui de base arrière de Chelsea.
L’ancien attaquant ne se cache pas : il parle d’un football business qui a mis l’humanité de côté. Il pointe le fait que les présidents vendent aux supporters des “projets” qui n’existent pas vraiment, ou alors seulement sur une saison. L’idée est simple : on affiche une trajectoire, on promet de la stabilité, des jeunes formés au club, des coachs installés dans la durée. Mais derrière, la logique financière dicte le tempo. Si un entraîneur comme Rosenior performe, la tentation d’upgrader vers le club phare du groupe devient immédiate. Pour le Racing, ça se traduit par un chantier permanent.
Dugarry insiste aussi sur un point clé : selon lui, Marc Keller ne pouvait pas ignorer ce qui allait arriver à son club en acceptant un montage de ce type. Il rappelle que Keller n’est ni naïf ni dépassé, mais au contraire “hyper intelligent” et très bien placé dans les instances du foot français. Ce qui renforce son reproche : si un président aussi expérimenté accepte ce deal, il le fait en connaissance de cause. Et donc, pour Dugarry, il participe consciemment à un modèle qui affaiblit la Ligue 1 et renforce un petit cercle de clubs élites.
Cette colère, elle vient aussi d’un vécu. Dugarry a connu une époque où, malgré les transferts et les intérêts économiques déjà présents, l’amour du maillot pesait encore lourd. Aujourd’hui, il constate que ces valeurs ont glissé en fond de tableau. Quand il dit que l’amour du club, de la région, des supporters passe au “deuxième, troisième, cinquième plan”, il parle d’un monde où les joueurs, les coachs, les dirigeants sont souvent liés plus à un projet de carrière qu’à un blason. Strasbourg devient, dans cette vision, une étape de CV plus qu’une destination à défendre coûte que coûte.
Pourtant, tout n’est pas noir ou blanc. Certains arguent que sans ce type d’investissement, Strasbourg aurait eu du mal à suivre le rythme d’un football de plus en plus cher, où les budgets explosent. C’est là que le reproche de Dugarry devient intéressant : il ne nie pas les contraintes, mais pose la question des ambitions réelles. Qu’est-ce que le club veut être ? Un acteur à part entière de la Ligue 1, ou un relais bien géré pour un géant étranger ? Tant que ce choix n’est pas assumé clairement, le discours officiel sonnera faux.
En s’en prenant autant à Keller qu’au système, Dugarry met les présidents face à leurs responsabilités. On ne peut pas défendre à la télé l’identité des clubs français, la ferveur des stades et la singularité de chaque région, puis signer des accords qui réduisent ces clubs à des pions stratégiques. C’est ce double langage qu’il tente de casser, quitte à s’attirer des inimitiés.
Cette opposition frontale ouvre un autre débat : où s’arrête la survie économique, et où commence la compromission avec ce qu’un club prétend représenter ? À Strasbourg, cette question ne peut plus être esquivée.
Pour comprendre ce choc de visions, il est utile d’entrer dans le détail de ce que change concrètement la multipropriété dans la gestion sportive d’un club.
Multipropriété, coachs et joueurs de passage : un football sans attaches
Le cas Liam Rosenior illustre parfaitement le problème. Arrivé à Strasbourg avec un discours positif, des idées de jeu modernes et un profil séduisant, il a rapidement donné une identité au Racing. Jeu structuré, transitions mieux gérées, bloc plus cohérent : les progrès étaient visibles. Les supporters commençaient à se dire qu’ils tenaient peut-être un coach pour plusieurs saisons, quelqu’un autour de qui stabiliser le projet. Et puis, le banc de Chelsea se libère, et tout bascule.
Un entraîneur sous contrat qui s’apprête à filer en cours de saison pour le “vaisseau amiral” du même groupe : ce n’est pas un hasard, c’est exactement la mécanique de la multipropriété. À partir du moment où les clubs appartiennent au même ensemble, la frontière se floute. On ne parle plus de négociation entre deux entités indépendantes, mais d’un réagencement interne. Strasbourg ne perd pas juste un coach : il rappelle à tous que sa place, dans ce système, n’est pas en haut de la pyramide.
Dugarry l’exprime clairement : les clubs français deviennent des lieux de passage. Les joueurs, déjà habitués à enchaîner les destinations, ne restent souvent que le temps de se montrer. Désormais, ce sont aussi les entraîneurs qui s’inscrivent dans cette logique. Résultat : les supporters “n’ont même pas le temps de se régaler”. À peine un coach commence à installer ses principes que le tapis se dérobe sous ses pieds. Comment construire une identité de jeu stable dans ces conditions ?
Dans un vestiaire, cette instabilité laisse des traces. Un groupe a besoin de repères : une méthode, un discours, une hiérarchie claire. Quand tout change tous les 12 ou 18 mois, les joueurs se mettent en mode survie. Ils pensent d’abord à leur propre avenir, à leur prochaine opportunité, plutôt qu’à s’inscrire dans un projet collectif. Tu l’as déjà senti sur un terrain : quand les gars jouent pour leur vitrine, pas pour le blason, ça se voit tout de suite dans les efforts défensifs, dans la communication, dans la capacité à encaisser un but sans exploser mentalement.
Ce phénomène ne touche pas que Strasbourg. D’autres clubs intégrés dans des groupes multi-clubs ont déjà vécu des allers-retours de coachs, de jeunes talents prêtés, rappelés, repositionnés sans que le club “satellite” ait vraiment son mot à dire. On promet de la “valeur ajoutée”, mais sur le plan humain, c’est souvent un casse-tête. Les supporters s’attachent à un joueur, il repart. Ils s’identifient à un entraîneur, il est aspiré par le sommet. À force, la relation entre le public et le club se fragilise.
Pour un joueur ou un jeune du centre de formation du Racing, le message envoyé est double. D’un côté, la présence de BlueCo peut ouvrir des portes, notamment vers Chelsea ou d’autres clubs connectés. De l’autre, la sensation de construire quelque chose de durable à Strasbourg disparaît. Ton bon match ne sert plus d’abord à faire grandir ton club, mais à te placer sur les radars d’un autre. C’est un changement profond de mentalité, et il impacte directement le mental du footballeur.
Le plus inquiétant, dans ce modèle, c’est qu’il installe une forme de résignation : “C’est le football d’aujourd’hui.” C’est la phrase que Dugarry refuse d’accepter. Il rappelle que cette fatalité arrange surtout ceux qui profitent du système. Pour les autres, cela veut dire moins d’attaches, moins de continuité, moins de moments où un club et une ville sentent qu’ils partagent vraiment une aventure.
Dans ce contexte, chaque départ comme celui de Rosenior n’est pas juste une ligne dans un communiqué. C’est un coup de canif de plus dans le lien déjà fragile entre un club et ceux qui le portent réellement, sur le terrain et en tribune.
Si tout cela secoue autant, c’est aussi parce que les supporters ne restent plus silencieux. À Strasbourg, ils ont décidé de répondre frontalement.
Supporters de Strasbourg, identité et colère : la Meinau face à la multipropriété
À la Meinau, le public n’est pas du genre à avaler les couleuvres en silence. Depuis l’arrivée de BlueCo, la méfiance s’est installée, et le possible départ de Rosenior a servi de détonateur. La fédération des supporters du RCSA n’a pas seulement exprimé un malaise : elle a carrément demandé la démission de Marc Keller. Pour un président longtemps vu comme l’homme du renouveau, celui qui a remis le club sur les rails après des années compliquées, c’est un tournant brutal.
Les arguments des groupes de fans ressemblent beaucoup à ceux de Dugarry, mais avec le vécu de ceux qui remplissent le stade chaque week-end. Ils parlent de perte d’identité, de promesse de projet sportif jamais tenue, de club transformé en rampe de lancement. Pour eux, ce qui se passe aujourd’hui confirme ce qu’ils craignaient dès le départ : Strasbourg n’est plus prioritaire dans ses propres décisions. C’est un sentiment dur à encaisser quand tu as chanté pour ton club sous la pluie, que tu l’as vu en Ligue 2, puis remonter, et que tu t’imaginais vivre une vraie stabilisation en Ligue 1.
Il faut comprendre ce que représente un club comme le Racing pour sa région. En Alsace, le foot n’est pas juste une distraction, c’est un repère. Les soirs de match, les maillots bleus envahissent les bars, les familles se retrouvent au stade, les anciens racontent les épopées européennes d’autrefois. Quand un groupe étranger rachète le club et en fait un élément d’un portefeuille, ce n’est pas seulement une question économique : c’est un choc culturel.
Les supporters ne sont pas hostiles par principe à l’investissement extérieur. Ce qu’ils refusent, c’est le sentiment d’être pris pour des figurants. Quand on leur vend un “projet ambitieux”, ils attendent autre chose qu’un coach emballé pour Chelsea dès qu’il performe. Ils veulent voir un effectif construit avec une vraie cohérence, des joueurs qui restent suffisamment longtemps pour incarner quelque chose, des cadres qui ne sont pas uniquement de passage. En bref, ils veulent un foot collectif où le club compte vraiment.
Dans cette crise, on voit aussi émerger un enjeu de communication. Les dirigeants ont trop souvent tendance à cacher la brutalité des décisions derrière des mots creux : synergies, stratégie globale, ambition commune. Les supporters, eux, ressentent surtout la perte de contrôle. Dugarry l’a dit : “On vend aux supporters des projets qui n’existent pas, ou ne dépassent pas le temps d’une saison.” Les groupes de fans de Strasbourg semblent avoir acté ce décalage et ne veulent plus se contenter de promesses.
Pour un jeune joueur du coin, qui a grandi avec les couleurs du Racing en tête, ce contexte peut être perturbant. Il rêve de porter ce maillot, mais découvre un club où l’amour du blason ne pèse plus autant dans les décisions structurelles. C’est là que le rôle des supporters reste crucial : ils rappellent, match après match, que le club ne se résume pas à une ligne dans un portefeuille d’investissement.
À force de banderoles, de prises de position publiques, de communiqués clairs, les fans de Strasbourg envoient un message simple : “On ne veut pas d’un Racing qui renonce à ce qu’il est.” Le bras de fer avec Keller et BlueCo n’est donc pas qu’une crise passagère. C’est un test : jusqu’où un club peut-il aller vers le modèle du foot business sans perdre son âme en route ?
Ce qui se joue à la Meinau est observé de près par d’autres clubs de Ligue 1. Car demain, ce pourrait être eux face au même dilemme.
Quelles leçons pour le football français ? Pistes pour un modèle plus sain
L’affaire Strasbourg–BlueCo–Dugarry ne concerne pas seulement l’Alsace. Elle met le football français face au miroir. La question n’est pas de fantasmer un retour à un foot sans argent, mais de savoir comment garder un minimum de cohérence, d’humanité et d’identité dans un environnement dominé par les géants financiers. Les joueurs, les coachs, les supporters et les dirigeants sont tous pris dans ce jeu. L’enjeu, maintenant, c’est de ne pas le subir totalement.
Pour éviter de devenir un simple “club-serpillère”, comme l’a lâché Dugarry en parlant d’autres exemples, certaines règles simples peuvent servir de garde-fous. Elles ne régleront pas tout, mais elles peuvent limiter la casse et garder un peu de dignité sportive.
- Clarifier le projet dès le départ : un club racheté par un groupe doit dire clairement s’il vise à rester un acteur central ou à assumer un rôle de club-passerelle.
- Protéger la stabilité du staff : prévoir des clauses qui empêchent un départ d’entraîneur en pleine saison sans compensation sportive réelle.
- Impliquer les supporters : créer des instances de dialogue où les groupes de fans peuvent poser des questions et obtenir des réponses précises.
- Préserver une base de joueurs identitaires : garder un noyau de joueurs formés au club ou très attachés au projet, pour incarner le maillot.
- Limiter les mouvements dictés par le groupe : encadrer les prêts et transferts internes pour ne pas démolir l’effectif chaque été.
Pour illustrer concrètement la différence entre une vision “club-projet” et une vision “club-satellite”, on peut comparer quelques points clés :
| Aspect | Club centré sur son projet | Club satellite dans un groupe |
|---|---|---|
| Rôle du coach | Pièce centrale, projet sur plusieurs saisons | Ressource mobile du groupe, remplaçable rapidement |
| Mercato | Piloté selon les besoins du club | Influencé par les priorités du “vaisseau amiral” |
| Place des supporters | Acteurs influents de la vie du club | Consommateurs d’un projet pensé ailleurs |
| Identité de jeu | Construite dans le temps, cohérente | Souvent soumise aux changements rapides de staff |
| Objectif principal | Résultats du club, progression locale | Valorisation d’actifs pour le groupe global |
Pour les joueurs et coachs qui vivent ce contexte, il y a quand même des leviers à garder en tête. Même dans un système bancal, tu peux travailler ton mental, ta capacité à t’adapter, ton envie de rendre chaque minute utile. Tu ne choisis pas toujours la structure, mais tu peux décider de l’attitude que tu gardes sur le terrain : rester collectif, parler, organiser, ne pas jouer que pour ta vitrine perso.
Le foot français a aussi une carte à jouer à l’échelle des instances : encadrer plus fermement la multipropriété, imposer des limites aux circulations internes de staff et de joueurs, protéger un minimum la compétition. Sans ça, la Ligue 1 risque de dériver vers un rôle de laboratoire permanent au service d’une poignée de clubs européens richissimes.
Au final, ce que rappelle cette affaire, c’est que le foot, c’est un taf collectif. Si ceux qui dirigent oublient ça, il reste aux joueurs, aux coachs de terrain et aux supporters de le rappeler, match après match.
Pourquoi Christophe Dugarry s’en prend-il autant à Marc Keller ?
Christophe Dugarry reproche à Marc Keller d’avoir accepté la multipropriété avec BlueCo en sachant, selon lui, que Strasbourg deviendrait un club secondaire au service de Chelsea. Il estime que ce choix nourrit un football business déshumanisé, où les clubs français servent surtout de tremplins pour des institutions élites, et où l’amour du maillot et la place des supporters passent au second plan.
Qu’est-ce que la multipropriété dans le football et comment elle touche Strasbourg ?
La multipropriété, c’est quand un même groupe détient plusieurs clubs dans différents pays. Dans le cas de Strasbourg, BlueCo possède aussi Chelsea. Cela permet des échanges de joueurs, de coachs et de ressources, mais place le RC Strasbourg dans une position de club satellite : ses bonnes trouvailles (joueurs, entraîneurs) peuvent être rapidement aspirées par le club principal, ce qui fragilise la stabilité sportive et l’identité du Racing.
Pourquoi le probable départ de Liam Rosenior vers Chelsea fait-il autant polémique ?
Le départ annoncé de Liam Rosenior en cours de saison vers Chelsea symbolise exactement ce que craignaient les supporters : Strasbourg sert de marchepied. Rosenior avait commencé à installer un vrai projet de jeu et une dynamique positive. Le voir filer vers le ‘vaisseau amiral’ du groupe BlueCo confirme que le Racing n’est pas la priorité, mais un outil dans une stratégie globale.
Que reprochent les supporters strasbourgeois à la gestion actuelle du club ?
Les supporters dénoncent une perte d’identité, un projet sportif flou et un club transformé en simple élément d’un portefeuille international. Ils estiment qu’on leur a vendu un projet ambitieux pour Strasbourg, alors que les décisions majeures semblent surtout alignées sur les intérêts de BlueCo et de Chelsea. Certains groupes sont allés jusqu’à demander la démission de Marc Keller.
Existe-t-il des solutions pour limiter les dérives de la multipropriété ?
Oui, plusieurs pistes existent : encadrer plus strictement les mouvements de coachs et de joueurs entre clubs d’un même groupe, clarifier le rôle exact de chaque club dans le projet, impliquer davantage les supporters dans la gouvernance, et imposer des règles au niveau des instances nationales et internationales. L’objectif serait de conserver un minimum de stabilité sportive et de respect de l’identité des clubs, même dans un contexte économique dominé par les grands groupes.
Source: rmcsport.bfmtv.com


